Bref historique de l’évolution du masque à gaz




De nombreux inventeurs mirent au point des appareils à oxygène en circuit fermé et à réserve d’air comprimé tels :
Fleuss, Davis, Siebe-Gormann, Dräger, Rouquerol-Deneyrouze, Mandet,Fernez, etc.





Appareil filtrant Barton 1872




Robertson 1865




Casque respiratoire 1893




Garrett Morgan 1910







Davis 1906




Dräger 1910


Avec l’apparition des gaz de combat comme nouvelle arme durant la 1e Guerre Mondiale Guerre Mondiale, les moyens traditionnels de protection industriels s’avérèrent inadaptées pour les combattants.

Dès la fin 1914, les allemands utilisèrent des toxiques sur Neuve-Chapelle et sur le front de l’est. Mais c’est à Ypres en Avril 1915 que, par l’envoi d’une vague de 150 tonnes de chlore, les allemands ouvrirent l’ère de l’emploi de armes chimique et de destruction massive. Cette attaque fit près de 6000 victimes.

La surprise fut totale et les commandements des armées alliées, d’abord désemparés, finirent par réagir en faisant réaliser des tampons de gaze imprégnés de réactifs chimiques neutralisant le chlore.

Mais c’était sans compter sur l’imagination et la recherche de pointe dans le domaine de la chimie allemande et les études du professeur Fritz Haber qui les amenèrent très rapidement à diversifier les toxiques utilisés.

Ainsi apparurent les sternutatoires, les lacrymogènes, les suffocants, les arsines les toxiques généraux et enfin, parmi les plus terribles, les vésicants.

Pour se protéger, les belligérants durent mettre au point des moyens de plus en plus élaborés, du simple tampon de gaze ou de la cagoule imprégnés de réactif chimiques au véritable masque pourvu d’un filtre efficace.

Avec l’apparition des vésicants, dont l’action se produit sur la totalité de la surface du corps, on du mettre au point des vêtements spéciaux de protection en plus du masque.

A la fin du conflit, toutes les armées possédaient un masque efficace : les français l’ARS, les britanniques ainsi que les américains le Small Box Respirator, les russes le Zelinski-Kummantet les allemands le Lederschutsmaske.

Malgré le Protocole de Genève signé en 1925 interdisant l’usage des armes chimiques, leur emploi ne cessa pas et des pays les utilisèrent en masse : les italiens en Ethiopie en 1936 et les japonais en Chine dès 1937.

La crainte justifiée de l’emploi de cette arme lors d’un éventuel conflit futur, conduisit tous les pays européens a perfectionner les moyens de protection, masques et vêtements.

L’industrie et les services de sécurité et de sauvetage ne furent pas en reste pour protéger les personnels confrontés aux risques chimiques et de nombreux fabricants proposèrent des masques et des vêtements de protection.

Avec l’arrivée du Nazisme et la montée du militarisme allemand en Europe, la psychose d’une guerre chimique se développa et l’on vit apparaître sur le marché de nombreux masques destinés aux populations civiles.

La non utilisation des toxiques de combat durant la Seconde Guerre Mondiale ne réduisit pas les craintes de leur emploi futur, en effet lors de l’occupation de l’Allemagne par les Alliés on découvrit avec surprise que l’Allemagne avait de nombreux stocks de produits toxiques nouveaux à usage militaire parmi lesquels figuraient des composés d’un efficacité redoutable, les neurotoxiques organo-phosphoreux: le Sarin,le Tabun et le Soman.

Des travaux furent aussi menés par tous les belligérants pour développer des armes biologiques par l’emploi de diverses toxines létales tels que charbon, toxine botulique, ricin, etc. .

Depuis Hiroshima et Nagasaki en Août 1945, le danger Nucléaire s’ajouta au danger des armes chimiques et biologiques.

Ainsi naquit la notion plus générale des Armes NBC et de Destruction Massive.

Durant la Guerre Froide qui opposa le monde occidental ( OTAN ) aux soviétiques et à leurs alliés membres du traité de Varsovie, les stocks d’armes nucléaires et chimiques crurent d’une quantité inquiétante ( neurotoxiques, carbamates, toxiques généraux, vésicants ) et tous les pays concernés mirent au point des masques de protection destinés aux combattants et des prototypes furent mis au point pour les besoins des populations civile et pouvant être mis en fabrication dans des délais courts. Seuls les soviétiques fabriquèrent des quantités importantes de masques pour la population civile.

Avec la chute de l’Union Soviétique le danger immédiat tombât mais l’usage des gaz n’avait pas disparut pour autant, en effet leur usage ( neurotoxiques et vésicants ) par l’Irak durant la1e Guerre du Golf entre l’Iran et l’Irak de 1980 à 1988 fut importante ainsi que contre une partie sécessionniste de la population kurde.

Compte tenu des méthodes précédemment utilisées par l’Irak, durant la 2e Guerre du Golf; les troupes de la coalition furent toutes équipées de masques et de vêtements de protection de crainte que l’armée irakienne ne vienne à utiliser ses armes NBC dont on soupçonnait l’existence en quantités importantes. Il en fut aussi de même pour la population civile israélienne qui reçu des masques de crainte de représailles de la part de l’Irak.

Il est relativement facile de fabriquer des armes chimiques redoutables en masquant leur fabrication, tels les agents binaires dont les éléments peuvent se trouver dans le commerce, leur toxicité étant faible mais qui réunis ensemble forment un neurotoxique létal.

Aussi, la montée en puissance du terrorisme islamique après le 11 Septembre 2001 et leur menace d’emploi d’armes NBC, créèrent une psychose d’attentats aux Etats-Unis et l’on vit apparaître un nombre important d’offres de vente de masques à gaz de toutes provenances.

Aujourd’hui cette psychose est quelque peu retombée, mais il reste entendu que les Pouvoirs Publiques du monde occidental restent vigilants devant cette menace.